Rivière-Ouelle
- La pêche à l'anguille -

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Les pêches aux anguilles établies à la Pointe et le long du rivage à la Petite-Anse fournissaient un excellent menu pour le dîner des jours de Carême et des Avents. Chaque année une grande quantité de ces poissons à la chair savoureuse venaient donner dans les lacets tendus avec une ingéniosité dont nos pères nous ont révélé le secret. De longues perches sont plantées en ligne droite, partant de la terre ferme jusqu'à un arpent ou plus c'est dire jusqu'au baissant. Des branches d'aulnes ou de coudriers, fines et flexibles sont ensuite enlacées sur ces perches de manière à ne laisser aucun espace; de grands coffres sont disposés de place en place, le long de cette clôture improvisée ... et les anguilles n'ont qu'à venir avec la marée haute. Elles suivront sans défiance la haie de branches et arrivées au coffre elles entrent, sans doute pour voir ce qui se passe là-dedans ... Mais lorsqu'elles ont exploré le domaine, elles s'y trouvent prisonnières et ne sortent de là que pour se voir engouffrées dans un sac ou une boîte et transportées à la marée basse sur la terre ferme. L'homme sans égard pour la graciosité et les frétillements de ce poisson le jettera parfois tout vivant dans le sel. Aux premières gelées de novembre, le pêcheur ira enlever les perches et les coffres pour les remettre au printemps suivant, dès que les beaux jours seront revenus.

Outre sa chair succulente, l'anguille nous donne encore la “ babiche ” ... faite de sa peau séchée et taillée en minces lanières.

Référence: Madame E. Croff, Nos ancêtres à l'oeuvre à la 
Rivière-Ouelle, 1931, pp. 104-105

 

 

          

         


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