Horace Miner
- Obsèques -

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Le matin des obsèques, les amis intimes et les parents sont invités à prier dans la maison de la famille en deuil. Ce sont ces personnes qui vont suivre le cortège funèbre à l'église après les prières. La classe des obsèques est fonction de la somme dépensée. Il y a trois classes et elles coûtent de cinquante à cent dollars. [...] Par ailleurs, l'importance des préparatifs de l'entrepreneur des pompes funèbres est aussi affaire de prestige. Aux obsèques de deuxième et troisième classes, on fait appel au corbillard hippomobile appartenant à la fabrique de la paroisse. Les autres se serviront plutôt du corbillard automobile (Ford) de l'entrepreneur des pompes funèbres. (p. 289-290)

Puis éventuellement arrivait le dernier soupir et le décès. Or, pour les nôtres, ce phénomène de trépas devenait lui-même le signal d'une série de gestes remarquables et obligatoires pour tout les survivants du voisinage immédiat.

Ainsi, tout de suite, le silence devenait obligatoire dans l'entourage du défunt et, s'il fallait absolument parler, on devait le faire à vois très basse et seulement pour des choses urgentes et essentielles.

On procédait à la toilette du trépassé. Après quoi le défunt était placé sur un lit ou sofa dans la pièce principale de la maison. En même temps, on accrochait un crêpe à la porte centrale de la maison.

Parmi d'autres gestes symboliques, dès le moment du décès, des membres de la maison devaient voir à opérer l'arrêt immédiat de toutes les horloges du lieu pour bien marquer le moment précis de ce récent départ.

Ensuite on recherchait et on préparait vivement des vêtements noirs pour les dames et des brassards en crêpe également noir pour les hommes. Le port de ces insignes pouvait d'ailleurs durer quelque temps. À ce moment, les visiteurs commençaient à s'amener pour venir voir le défunt, réciter des invocations appropriées.

Après quoi c'était la «levée du corps» et le départ solennel de la grande-chambre avec le défunt et la parade publique incluant le conjoint survivant, les parents, les voisins, les amis, les curieux, tous à présent en route vers le temple du lieu pour les cérémonies prescrites par les vieilles coutumes.

Diverses cérémonies funéraires se déroulaient donc successivement au temple en présence de la foule et le tout était accompagné d'hymnes pieux et de cantiques tristes chantés autour de la dépouille mortelle.

Ensuite, nouvelle mise en branle de l'assemblée des fidèles. On entendait alors d'autres sonneries du glas mortuaire pendant qu'était entreprise la longue marche vers le cimetière.

Si, par malheur, le décès survenait en plein hiver, il fallait alors procéder à une installation temporaire du cercueil sur une des tablettes d'une petite construction en pierre des champs qui portait le gentil nom de charnier. L'inhumation proprement dite était donc reportée au printemps suivant.



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