Collège Sainte-Anne de la Pocatière
Le feu de 1920

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LE FEU DE 1920

«15 décembre 1920 – Au feu! Le Collège est en feu!… Journée lugubre de l’incendie.

Dès trois heures du matin, le veilleur de nuit est mis sur le qui-vive par une odeur de fumée, dans l’aile Saint-Antoine. Après bien des recherches inutiles, pendant lesquelles le feu continuait son œuvre sournoise, on le découvre enfin, qui perce le plancher du dortoir, au 4e étage de l’aile Saint-Antoine. Les élèves se lèvent à la hâte et aident de leur mieux les travailleurs qui essaient d’arrêter l’incendie. Mais vains efforts, le feu est maître! On donne l’alarme générale et les paroissiens accourent pour travailler au sauvetage. Malheureusement le vent de nord-est va rendre inutile toute tentative d’extinction. Le feu prend maintenant les proportions d’une immense conflagration, et il ne reste plus qu’à sauver du désastre le plus d’objets possible. Les braves paroissiens, les élèves, les prêtres arrachent à l’incendie une partie du mobilier et ne reculent que pas à pas devant l’élément destructeur. Mais le feu rage, il attaque l’une après l’autre les ailes du vieux Collège. Vers huit heures, le dôme, miné par sa basse, s’effondre dans l’immense brasier.  

 

Et le feu continu toujours sa marche que rien ne peut arrêter! Par l’aile Mailloux, il s’introduit dans le dortoir du cours commercial, dans les constructions récentes. C’est alors que commence une lutte héroïque pour l’empêcher de pénétrer dans l’aile de la chapelle, séparée du dortoir incendié par une simple porte de bois. Aux prix d’incroyables efforts, on parvient enfin à le tenir en respect, mais il menace constamment de se déclarer aux fenêtres et aux corniches des constructions de 1914. Aussi l’on crut bien faire de se mettre au déménagement total. La chapelle est aussi vidée de son encombrement. On sauve tout ce qui veut se laisser traîner ou arracher. Quel désolation dans notre belle chapelle!

Enfin, vers 11h30, les pompiers de Lévis, appelés le matin, arrivent notre secours. Grâce à leur travail, l’espoir renaît, et bientôt on a la certitude de sauver du désastre les constructions neuves.

Les élèves se sont montrés admirables de dévouement et même de témérité pour sauver les choses appartenant au Collège et aux prêtres, et ce soir, la plupart s’en retournent dans leurs familles, en se demandant si jamais ils reverront leur Alma-Mater! La nuit vient et les flammes s’attardent encore aux ouverture béantes qui percent le murs de leurs lugubres. «Igne nos examinasti»»

(Annuaire du CSA, 1920-1921, p. 83-84)

Le collège de 1918 durera un peu moins de trois ans. Au petit matin du 15 décembre 1920, le feu se déclare dans un dortoir à l'extrémité est de l'édifice. Poussé par un fort vent du nord‑est, il attaque l'une après l'autre les ailes du vieux collège. Et le soir, lorsqu'on aura réussi à maîtriser le brasier, il ne restera debout que les constructions neuves, soit l'aile ouest ou aile du cours commercial et l'aile de la chapelle.

Les témoignages de sympathie et d'encouragement affluent de tous les coins de la province. Un comité d'Aide à Sainte-Anne s'organise immédiatement sous la présidence de sir Charles Fitzpatrick, lieutenant-gouverneur de la province, et l'encouragement du cardinal Bégin, archevêque de Québec. Une campagne de prières est lancée et bientôt la souscription en faveur du collège s'étend jusqu'aux paroisses les plus éloignées du diocèse de Québec.

La première rentrée des élèves a lieu le 20 janvier 1921. Les cours se donnaient dans les deux ailes demeurées intactes, à l'école d'agriculture, au soubassement de l'église et à l'ancienne école d'agriculture.



   

   


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